Thylacine : quand la musique naît du voyage

« Thylacine ». Ce nom curieux ne vous évoque peut-être (encore) rien de concret… Enfin si, peut-être si vous êtes passionné.e d’espèces animales disparues ! Le thylacine, espèce aujourd’hui éteinte, était un marsupial très répandu en Océanie. On l’appelait aussi loup de Tasmanie ou tigre de Tasmanie. Derrière ce pseudo mystérieux se cache un jeune compositeur français de musique électro qui place le voyage au cœur du processus créatif. Je l’ai découvert récemment grâce à mon mari, à l’occasion de la sortie de son deuxième album, Roads Vol. 1, entièrement composé sur les routes d’Argentine.

William Rezé aka Thylacine a 26 ans. Originaire d’Angers, diplômé des Beaux-Arts et multi-instrumentiste, il a un profil peu banal. Impossible pour lui de composer en restant enfermé dans un studio. Son inspiration, il la trouve dans la rencontre, le pas vers l’autre, vers l’inconnu, dans la découverte de paysages très différents de ceux de son quotidien en France. Voilà qui me parle beaucoup même si je ne suis pas artiste moi-même. Je trouve sa démarche très noble et inspirante. Et un coup de cœur, ça se partage, pas vrai ?

thylacine electro

Thylacine a composé un premier album en 2015 à bord du mythique Transsibérien. Un voyage dont il rêvait depuis des années. Durant sa traversée, il a enregistré des voix (chants traditionnels, chaman), des chansons d’enfants, capturé les bruits de roulement du train qu’il a ensuite mixés et intégrés à ses compositions. Tout simplement génial !

Après la Russie, l’artiste est parti sur les routes d’Argentine à bord d’une caravane Airstream® transformée par ses soins en studio d’enregistrement alimenté en énergie par des panneaux solaires. Un road trip argentin de trois mois pendant lequel il s’inspire des sonorités locales pour créer. Par exemple, avec des instruments comme le charengo, sorte de ukulélé à douze cordes originaire des Andes, avec lequel Thylacine a composé quelques mélodies de l’album Roads – Vol.1. Pour cet opus, il a également capté les sons de la ville, le bruit du vent, des voix d’habitants, etc. Sans oublier le saxophone, son instrument de prédilection. L’artiste touche-à-tout a aussi rapporté de magnifiques images d’Argentine.

Après deux mois de travail sur les routes, Thylacine décide de se poser durant un mois dans un hameau sans électricité, Santa Barbara, pour finaliser son album avec son ingénieur du son. Durant cette étape, le duo va nouer des liens très forts avec les habitants de ce village, allant bien au-delà du cadre de la musique. Les villageois initient William à la pêche à la main dans une rivière, à l’observation des condors… En échange, ce dernier leur donne quelques cours de français.

Une expérience humaine forte et magistralement retranscrite dans le clip de « Santa Barbara » :

Voyageur, compositeur, musicien. Thylacine a plus d’un tour dans son sac. Comme le laisse penser le titre de ce dernier album, d’autres voyages et d’autres albums inspirés par le voyage suivront.

Je vous laisse avec les musiques de Roads – Vol. 1, entièrement inspiré par ce périple de trois mois à travers l’Argentine.

Enjoy !

Source : Article de Rémi Benchebra pour Geo.fr.

Photos : William Rezé/Thylacine

 

Les commentaires

  1. Anne dit :

    De bien belles images au passage!

  2. Maite DE FONDAUMIERE dit :

    Vous avez complètement raison. THYLACINE est un artiste hors norme et absolument génial. Sa musique est harmonie, une invitation au voyage et à la découverte de l’autre. Il réussit à toucher les émotions les plus profondes sous un air entraînant et fin. Sa musique est vraiment plus que de la musique, il raconte des histoires. C’ »est un artiste complet génial. Sa simplicité rajoute à son succès. Il va être un Grand, c’est sur !

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