Entropie : premier ouvrage en français sur l’oeuvre du street artist Vhils

Si vous me lisez souvent ici, vous savez que je l’apprécie. Cette personne, c’est Alexandre Farto aka Vhils, le street artist portugais qui monte, qui monte. Une bonne nouvelle a motivé ce nouveau billet sur l’artiste. Ou devrais-je dire plutôt 3 bonnes nouvelles : la sortie du premier ouvrage en français dédié à l’œuvre du jeune Vhils, trois immenses portraits d’enfants réalisés sur les murs de l’hôpital Necker à Paris et, pour finir, une exposition temporaire à Paris. Beau programme, non ? Je vous propose de commencer par le livre.

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Personnellement, je l’attendais depuis un moment, ce bouquin ! Le premier ouvrage consacré au parcours de Vhils Entropie – vient d’être publié en France aux Editions Alternatives (la collection dédiée aux arts urbains by Gallimard). Je vous en parlais déjà dans ce billet, l’œuvre visible de cet ancien graffeur se compose de portraits d’anonymes sculptés en extérieur, sur des murs délaissés. Des murs à qui l’approche inédite d’Alexandre se propose de donner une seconde vie. Engagé et passionné, Vhils creuse et détruit la matière pour transformer l’existant, d’où le titre de cet ouvrage (« Entropia » signifie transformation en grec). C’est au travers de ces murs – la partie immergée de l’iceberg – que j’ai découvert l’artiste il y a quelques temps déjà. Entropie nous démontre sur 264 pages que le processus d’exploration dans lequel Vhils s’est lancé au début des années 2000 couvre une grande pluralité de supports, et semble en perpétuel mouvement.

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Quelles influences une ville a-t-elle sur ses habitants ? Vhils utilise le milieu urbain comme matière première. Une matière qu’il dissèque comme pour nous aider à comprendre une réalité complexe, faite de strates nombreuses. Celui qui se définit lui-même comme « un archéologue urbain contemporain » cherche à révéler ce qui se cache au-delà de la superficialité des choses.

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Aujourd’hui, Vhils s’exporte dans le monde entier. Il voyage pour rendre hommage à des anonymes dans les grandes métropoles du globe. Je trouve personnellement qu’il y a de la poésie dans chacun de ces visages humains.

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A Paris, il signe en juin 2012 ce portrait gravé sur deux piliers en enfilade (hôpital Sainte-Périne, rue Chardon-Lagache dans le XVIe arrondissement).

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Le street artist originaire de Lisbonne intervient sur bien d’autres supports tels que le métal, le bois, le polystyrène, voire même le liège. Ci-dessous, plusieurs affiches publicitaires entre 2008 et 2014, et de vieilles portes en bois sculptées au laser (2012-2013).

C’est en 2005 que Vhils a commencé à travailler avec des affiches publicitaires récupérées dans la rue. Son travail consiste à plonger une couche d’affiches déchirées dans de la résine époxy cristal. Une fois cette base sèche, il lui ajoute des éléments peints à la bombe puis de nouveau de la résine. Le processus est répété jusqu’à obtenir l’assemblage souhaité. Vhils superpose ensuite un visage ou un paysage urbain au fossile obtenu. Résultat : le portrait se retrouve comme englouti par l’arrière-plan de l’affiche…

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Sur de vieux pans de bois dont personne ne veut plus, Vhils sculpte la vie. Pour savoir si le matériau possède une histoire suffisamment dense, il commence par l’entailler. Si le contraste est suffisant, alors l’artiste projettera le motif dessiné par ordinateur sur cette surface avant de creuser le bois au cutter, au marteau, au burin.

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En librairie depuis le 18 septembre.

264 pages / 21 x 28,5 cm / Broché / 35 €

www.editionsalternatives.com

Rendez-vous le 4 octobre, dans le cadre de la Nuit Blanche à Paris, pour découvrir les nouvelles œuvres de Vhils à l’hôpital Necker, et dès le 11 octobre pour sa première expo à Paris (Galerie Magda Danysz).

Les commentaires

  1. […] n’est jamais trop tard pour nommer un artiste. Un des blogs que je suis, Détour du Monde me permet aujourd’hui d’identifier l’œuvre murale affichée ici en mars dernier […]

  2. […] Paris, j’ai fait un saut à l’hôpital Necker pour approcher les dernières œuvres de Vhils – dont je vous ai parlé […]

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