La baie mythique de Rio de Janeiro se meurt

Retour au Brésil. Rio de Janeiro, 11 millions d’habitants. Alors que la conférence Rio+20 bat son plein, la réputation de décor de carte postale qu’on connaissait jadis à la baie de Rio de Janeiro (ou baie de Guanabara) avec le Pain de Sucre en toile de fond est souillée – au sens propre comme au sens figuré. La célèbre baie est aujourd’hui complètement polluée par les tonnes d’ordures (de la chaussure au divan en passant par le frigo !) et de liquides toxiques déversés dans ses eaux, jusqu’à toucher la mangrove.

Vue aérienne d’une nappe de pollution en mer près de Rio

Un programme de dépollution de la baie avait pourtant été lancé, il y a 20 ans, à l’occasion du Sommet de la terre Rio-92, a consommé 1 milliard de dollars, financés par la Banque interaméricaine de Développement (BID), l’Agence de coopération internationale du Japon (JICA) et le gouvernement de Rio. Problème : la moitié des réseaux d’égouts censés alimenter les stations d’épuration de la capitale brésilienne n’ont jamais été construits. Où sont passés les fonds ?  Corruption, incurie, manque de coordination, autant de maux qui rongent le Brésil. 20 ans plus tard, le bilan est très inquiétant puisqu’une quarantaine d’espèces de poissons et de crustacés ont totalement disparu du bassin hydrographique. 20 000 litres d’eaux usées se déversent encore chaque seconde dans la baie. Une pollution qui condamne aussi la pêche dont dépend la population des villages environnants.

Et voici la baie de Rio recomposée en matériel recyclé par l’artiste plasticien Vik Muniz, à l’origine du célèbre documentaire Waste Land (2010) : bouteilles, verres et sacs en plastique, cannettes de bière ou de coca, boîtes de lait en carton et capsules. Cette installation de 30 m x 40 m est présentée depuis vendredi dernier et jusqu’à la fin du sommet sur le développement durable Rio+20.

Un jour, lorsqu’enfin j’irai au Brésil, que restera-t-il de la baie de Rio ?

Les commentaires

  1. Lucien dit :

    C’est vraiment triste, et malheureusement rien ne semble pouvoir arrêter ceci. Les compagnies pétrolières, par exemple, ont déraciné, défiguré et pollué une partie de l’Equateur, elles veulent faire de même avec le Costa Rica, et avec les forages risqués près de la Guyane, le pire peut vite arriver…

    Mais votre billet met bien en valeur un autre problème : la pollution « classique », celle qui arrive lentement, venant de beaucoup de petits acteurs, et qui devient ingérable. Changeons nos comportements pour pouvoir profiter de paysages enchanteurs et cadres de vie agréables. Merci beaucoup d’avoir fait passer ce message. RIP Rio ?

    • Détours-du-monde dit :

      Merci pour ce message, Lucien. Changeons nos comportements, vous avez raison. Et que les dirigeants oeuvrent pour éradiquer la pauvreté extrême et financer la recherche.

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